Natif de Haute-Savoie, Philippe Morier-Genoud arrive à Grenoble dans les années 1965-75 pour y entreprendre des études universitaires. De Platon à Sophocle, il n’y a qu’un pas et le jeune étudiant plonge rapidement dans le théâtre par la fréquentation de la troupe du théâtre universitaire.

Quelques cours au Conservatoire de la Ville le conduisent à privilégier les stages de formation théâtrale qu’organise à « Jeunesse et Sport » l’écrivain – dramaturge, et plus tard  ami, Gabriel Cousin.

Soutenues et aidées par les subventions de la Municipalité Dubedout et de l’État, certaines stucutures vont émerger du creuset grenoblois héritier de démarches et d’action culturelles antérieures. Ce sera le cas du Théâtre Partisan. Dans un ancien cinéma de la rue Très-Cloître, Le Rio s’installe sous l’impulsion de Georges Lavaudant et d’Ariel Garcia Valdès avec Philippe Morier-Genoud, Annie Perret, Marie-Paule Trystram, Michel Ferber, Marc Betton et tant d’autres… Une nouvelle scène s’ouvre à un public curieux et passionné qui vient y découvrir des formes de théâtre inédites où la danse, la musique pop, la littérature, la dénonciation politique, l’improvisation collective tiennent une large place.

En 1975, le groupe se voit proposer d’entrer au Centre Dramatique National des Alpes puis à La Maison de La Culture. Philippe Morier-Genoud s’engage alors dans une carrière professionnelle d’acteur au sein de la compagnie que Georges Lavaudant va animer de son talent de metteur en scène, ce qui les conduira au TNP de Villeurbanne, à côté de Roger Planchon, à l’Odéon et au Théâtre de L’Europe.

Pendant de nombreuses années, la troupe se construit un répertoire classique et contemporain, tourné vers la recherche et l’écriture : Palazzo Mentale, Les Cannibales, Les Céphéïdes, Lumières I et II, Fanfares, Le Roi Lear, Richard III, Maître Puntila et son valet Matti, Le Chapeau de paille d’Italie, Le fil à la patte, L’Orestie ... autant de spectacles qui auront marqué par l’esthétique décorative de Jean-Pierre Vergier.

La rencontre avec François Truffaut qui tourne à Grenoble en 1981, La Femme d’à côté, avec Fanny Ardant et Gérard Depardieu ouvre à Philippe Morier-Genoud la porte du cinéma dans un rôle de psychiatre. Truffaut lui demandera d’être le commissaire dans son dernier film, Vivement Dimanche. Il poursuivra le parcours à l’invitation de Louis Malle (rôle du Père Jean ) dans Au revoir les Enfants. Plus tard, Jean-Paul Rappeneau lui demandera d’être Le Bret dans Cyrano. Puis ce sera Jacques Rivette, Raul Ruiz, Margareth von Trotta, Bertrand Tavernier et bien d’autres.

Dans la période d’ébullition culturelle grenobloise, comment rester sourd à la littérature, au roman, à la théorie et à l’engagement politiques, à la poésie? Un souci permanent pour l’écriture marque cette génération et ce sera pour lui, la rencontre et la découverte de poètes italiens majeurs comme Mario Luzi, d’Attilio Bertolucci, de Giorgio Caproni, venus honorer en personne la ville d’Henri Beyle-Stendhal cher au professeur Del Litto.

PHILIPPE MORIER-GENOUD

- comédien -